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Lettre ouverte aux députés dits de l'opposition

            

 

Mesdames, messieurs les députés,

 

 

En vous présentant au suffrage universel à l'occasion des élections législatives du 12 et 19 juin 2022, vous avez choisi de ne faire aucun compromis avec le parti présidentiel.

 

Pour beaucoup, vous avez été élu, par des citoyens qui sont allés parfois au-delà de leurs propres convictions politique et ce afin d'éviter une seule chose : que la Macronie obtienne une majorité au Parlement.

 

Vous êtes dès lors devenu députés dits de l'opposition. 

 

En tant que député, vous avez pour rôle de représenter vos concitoyens. Vous disposez aussi du rôle crucial de nous "protéger" des méthodes macroniste qui trop souvent, en 5 ans de mandat, ont mis le feu au poudre. Nous en avons assez du mépris et de l'arrogance jupitérienne.

 

Grâce aux élections et aux scores obtenues, à de nombreux égards historiques, la situation est inversée. Emmanuel Macron, qui n'a jamais fait de compromis, devra désormais en chercher.

 

Le Président de la République s'est entouré quasiment des mêmes ministres que le précédent quinquennat.

 

Elisabeth Borne, responsable entre autre de la casse de l'assurance chômage, créatrice "ingénieuse" du système de suspension sans revenus pour des milliers de soignants mis au placard, est nommée Première Ministre.

 

Olivier Véran, le ministre menteur, maintes fois mis en cause pour sa gestion catastrophique de l’épidémie de covid19 est reconduit.

 

Gérald Darmanin largement mis en cause pour sa politique répressive et brutale des manifestations est reconduit à l'Intérieur.

 

Éric Dupont-Moretti, poursuit au ministère de la Justice, alors même qu'il est mis en examen par la Cour de Justice de la République. Parmi les nouveaux noms du gouvernement, figure également le nom d'autres ministres mis en cause dans des affaires graves ; dont une, visée par deux plaintes pour viol. 

 

Bref, la Macronie a peut-être compris l'urgence écologique. En tout cas, pas dans le bon sens. Elle recycle les mêmes pour continuer le pire.

 

Si Olivier Véran a pu dire que "la confiance ne se traduit pas par un vote mais elle se construit petit à petit", ne nous laissons pas enfariner. Comment pouvons-nous faire confiance aux mêmes, nous les avons vus à l’œuvre.

 

Il y a urgence. Il faut un véritable changement avec des ministres exemplaires, digne de confiance, respectueux du débat public et de la démocratie et surtout au casier judiciaire vierge. 

 

Elisabeth Borne, après un discours de déclaration de politique générale, long d'une heure trente, digne d'une bachelière passant son Grand Oral, sans aucune conviction, sans émotion, sans humanité, a fait le choix de ne pas se soumettre au vote de confiance.

 

Tous, vous avez abondé dans la même direction. Tant mieux pour elle si elle ne se présente pas au vote, car personne ne lui fait confiance.

 

Le 6 juillet, à 14h30, une motion de censure a été déposé par la NUPES (Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale).

 

Cette motion de censure dit notamment : "En l'absence de vote de confiance, et sans réaction des parlementaires, la minorité présidentielle ne manquerait pas d'invoquer une confiance implicite du gouvernement".

 

Pourtant, dans la soirée même, vous aviez déjà presque tous décidé de ne pas voter la motion de censure. Alors, Mesdames et Messieurs les députés, vous nous devez la plus grande clarté.

 

Je vous retourne donc la question et vous prie d’y répondre : si Élisabeth Borne s'était soumise à un vote de confiance. Auriez-vous, oui ou non, votée la confiance ? Vous seriez vous abstenu ?

 

 En tout état de cause, si vous n'auriez pas voté la confiance, pourquoi refusez-vous de voter la censure, qui serait la suite logique de vos discours. 

 

 

Comment pouvez-vous, pour certains vous laisser accuser d'être "des ennemis de la République avec qui on ne peut pas discuter", et accepter de légitimer ce gouvernement.

 

On entend ici et là dire que la censure serait un élément de blocage. Or, c’est faux. C’est un élément démocratique en votre possession pour exprimer votre ressenti et celui de vos électeurs, auxquels vous devez le respect.

 

N'ayez pas peur de nous représenter. N'ayez pas peur d'avoir le courage et l'audace de dire à ce gouvernement qu'il n'est pas légitime et qu'il n'a pas obtenu la confiance du peuple.

 

Ne soyez pas accrochés à vos sièges de parlementaires, car tôt ou tard, vous les perdrez, et si vous n'avez pas été digne de la confiance de vos électeurs, vous serez remplacé. Vous serez électoralement jugé sur votre puissance d'opposition et de construction. 

 

Or, pour construire, il faut bâtir sur du neuf. On ne peut pas élever quelque chose sur du sable. Nous n’avons pas confiance, ni en Emmanuel Macron, ni en son gouvernement, et nous vous demandons de voter la censure pour l’exprimer clairement.

 

Alors oui, il y aurait urgence à voter une loi contre l’inflation et pour le pouvoir d’achat. Partout vous exprimez que le vote pressant de cette loi, vous pousse à ne pas voter la censure, pour ne pas le repousser à quelques mois.

 

Les gilets jaunes sont dans la rue depuis 2018. Ils demandent la fin de la vie chère. « Un monde meilleur et l’honneur des travailleurs ». Depuis 2018, tous dénoncent la perte du pouvoir d’achat, l’augmentation injustifiée des prix. L’enrichissement des uns sur le dos des autres.

 

Depuis le 15 septembre 2021, plus de 15.000 soignants, dont je fais partie, sont suspendus. Privés de salaire, sans possibilités de bénéficier d’aides. Alors de grâce, n’utilisez pas l’argument de l’urgence du vote de la loi pouvoir d’achat. L’urgence est de censurer le gouvernement. L’urgence est de rétablir l’honneur des citoyens, et pour cela de renouveler majoritairement le gouvernement.

 

Voter la censure est utile, parce que nous vous le demandons. Parce que nous l’espérons. Parce que nous l’attendons.

 

Voter la censure, c’est être constructif, parce que cela permettra de voir plus loin, d’être plus juste. De construire sur du neuf. De donner un rôle fort et majoritaire à l’opposition.

 

Voter la censure, est nécessaire, parce que ce gouvernement n’est pas digne de notre confiance.

 

Voter la censure, est opportun si vous n’auriez voté la confiance.

 

C’est résolument un acte décisif de l’histoire de notre démocratie. C’est un geste d’une portée parlementaire grave. C’est un acte d’opposition.

 

Nous l’attendons de vous, nous l’espérons de vous.

 

Allez au-delà de vos différents politiques, votez la censure, peu importe d’où elle vient. Car elle ne vient pas, cette fois pour apporter un autre projet politique, une autre vision parlementaire.

 

Cette motion de censure au lendemain du discours de politique générale vient sanctionner la politique menée par Emmanuel Macron pendant les dernières années. Elle vient sanctionner les ministres encore présent qui ont participé de près ou de loin à la casse sociale, au mépris public et à l’arrogance jupitérienne.

 

Elle est un acte d’opposition. D’opposition à une politique menée depuis cinq ans et qui tend à continuer.

 

Mesdames et Messieurs les députés, soyez vrais.

Soyez justes. Soyez en accord avec les principes qui vous ont permis de devenir députés, grâce au vote de vos électeurs.

 

Ne nous trahissez pas, car nous ne pourrions l’oublier.

 

Soyez résolument engager dans l’opposition. Voter la censure.

 

Ne pas voter la censure, signifie que vous auriez voté la confiance. Par conséquent, cela ferait de vous des complices de la Macronie pour les cinq prochaines années.

 

Avec toute ma considération républicaine,

 

Brice DI DIO, citoyen et soignant suspendu

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